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Le Cas étrange du docteur Jekyll

  • ISBN: B01J4H455A
  • Author:
  • Langues: Français
  • Évaluation: 4.4/5 (Votes: 1825)
  • Broché: 148 des pages
  • Disponibilité: En stock
  • Télécharger les formats: PDF, EPUB, KINDLE, FB2, AUDIBLE, MOBI et d'autres

Description du produit

L’HISTOIRE DE LA PORTE
M. Utterson, l’avocat, était un homme de rude apparence ; son visage ne s’éclairait jamais d’un sourire ; il était froid, sobre et embarrassé dans ses discours, très réservé, maigre, long, poussiéreux, morne, et ayant malgré cela un certain fonds d’amabilité, Dans une réunion d’amis, et quand le vin était à son goût, quelque chose d’éminemment humain éclairait ses yeux, quelque chose qui ne ressortait jamais dans sa conversation, mais qui se faisait sentir non seulement dans la face pleine de béatitude d’un homme qui vient de bien dîner, mais, le plus souvent et le plus fortement, dans les actions de sa vie. Il était austère pour lui-même, buvant du gin quand il était seul, pour mortifier son goût pour le vin. Et quoique aimant le théâtre, il y avait plus de trente ans qu’il n’avait franchi la porte d’aucune salle de spectacle. Mais il avait beaucoup d’indulgence pour les autres, s’étonnant, presque avec un sentiment d’envie, de leurs haut faits, et au besoin plutôt enclin à leur venir en aide qu’à les blâmer. « Je tombe dans l’hérésie de Caïn, » disait-il bizarrement, « je laisse mes frères aller au diable comme ils l’entendent. Alors il arrivait souvent qu’il se trouvait être la dernière relation avouable et la dernière influence honnête de certains hommes dans leurs dégringolades. Et à ceux-là, aussi longtemps qu’ils le fréquentaient, il ne laissait jamais apercevoir même un soupçon de changement dans ses manières.
C’était, sans aucun doute, chose facile pour M. Utterson, car, jusque dans ses meilleurs moments, il n’était aucunement démonstratif. Ses amitiés semblaient fondées sur la même religion de bonhomie. Il acceptait le cercle de ses amis tout prêt formé par les mains du hasard, ce qui est le fait d’une nature simple. Ses amis étaient généralement ses parents ou ceux qui lui avaient été le plus longtemps connus ; ses affections n’étaient le résultat d’aucun choix particulier, comme le lierre, elles croissaient avec le temps. De là, sans aucun doute, le lien qui l’unissait à M. Richard Enfield, son parent éloigné, l’homme bien répandu et connu par la ville. Que pouvait-il y avoir de commun entre ces deux hommes ? C’était là pour beaucoup un sujet de réflexion. Ceux qui les avaient rencontrés dans leurs promenades du dimanche racontaient qu’ils ne se disaient rien, qu’ils avaient l’air passablement ennuyé et qu’ils accueillaient avec un visible soulagement l’apparition d’un ami. Toutefois, ces deux hommes faisaient grand cas de ces excursions ; ils les comptaient comme l’événement de la semaine, et non seulement repoussaient des occasions de plaisir, mais résistaient même aux appels d’affaires pour n’y apporter aucune interruption.
Il arriva que, pendant une de ces promenades, le hasard les amena dans une rue d’un des quartiers les plus populeux et affairés de Londres. Cette petite rue était tranquille, quoique dans la semaine elle fût animée d’un grand mouvement commercial. Ses habitants semblaient être à leur aise et avoir l’espoir de faire mieux encore ; ils employaient le surplus de leurs gains en embellissements, ce qui donnait à toutes les boutiques le long de cette rue un aspect très séduisant, elles se tenaient là comme des rangées de souriantes et jolies vendeuses. Le dimanche, lorsque par conséquent les plus grands charmes de cette petite rue étaient voilés, elle ressortait quand même par contraste de son sombre voisinage ; comme un incendie dans une forêt, elle en était le point lumineux. L’œil du passant était vivement et plaisamment attiré par la vue de ses persiennes fraîchement peintes, et de ses cuivres bien polis, par sa propreté et son air de gaîté.
À deux portes du coin de gauche en allant à l’Est, la rangée symétrique des maisons était interrompue par l’entrée d’une cour ; à cet endroit même, un bâtiment d’aspect sinistre projetait son pignon sur la rue. Ce bâtiment à deux étages n’avait aucun indice de fenêtres, rien, qu’une porte au rez-de-chaussée

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